Du bon usage des bâtiments
Le service diocésain « Bâtiments et travaux » a pour mission d’entretenir le patrimoine du diocèse. Un travail d’orfèvre qui nécessite des arbitrages complexes entre besoins pastoraux, économie, urbanisme, et vertu écologique, en lien étroit avec l’économat et le service juridique et immobilier du diocèse.
Entretenir, rénover, protéger, valoriser le patrimoine du diocèse : voici quelques-unes des tâches auxquelles s’attelle chaque jour le service diocésain « Bâtiments et travaux ». Bâtiments cultuels ou non, construits avant ou après la loi de 1905, droit canonique et droit civil : les paramètres à prendre en compte sont nombreux pour l’équipe composée d’ingénieurs, d’architectes et de maçons. Tous travaillent en lien étroit avec l’économe diocésain et le service juridique et immobilier du diocèse, le tout piloté par les vicaires généraux et l’archevêque. En résumé, le service « Bâtiments et travaux » apporte un regard technique sur les décisions patrimoniales du diocèse avec un objectif en tête : la gestion « en bon père de famille. « Nous dépensons l’argent qui est donné par les fidèles donc nous sommes particulièrement vigilants à ne pas gaspiller et à toujours arbitrer nos décisions de façon équilibrée », illustre Marc Serra, l’un des architectes du service.
Une saine gestion
La gestion en « bon père de famille » peut avoir des contours flous et n’est pas toujours simple à mettre en œuvre. Initialement, elle impliquait de faire le plus d’économies possibles parce que l’Église et les paroisses ont peu de ressources. Mais choisir la solution la moins coûteuse possible a pu conduire à prendre la décision la moins durable aussi : les bâtiments s’abîmaient vite. A cela, s’est ajoutée la baisse de nombre de fidèles ces dernières décennies, avec une conséquence marquante : des bâtiments sous-utilisés mais à l’entretien coûteux. Faut-il les garder ou s’en séparer ? « Ces bâtiments ont été construits pour répondre à des besoins qui sont différents des besoins d’aujourd’hui, il faut donc réfléchir aux usages que l’on peut en faire maintenant avec les ressources dont on dispose », explique Pierre Dallaporta, architecte et ingénieur, responsable « bâtiments et travaux ». Dans ce contexte, le service cherche à construire ses projets avec des mesures qui équilibrent économie et écologie. L’encyclique du pape François, « Laudato si » est une grande source d’inspiration, notamment le paragraphe 44 : « Les habitants de cette planète ne sont pas faits pour vivre en étant toujours plus envahis par le ciment, l’asphalte, le verre et les métaux, privés du contact physique avec la nature. ».
L’approche écologique des bâtiments du diocèse se décline autour de trois axes. Premièrement, le réemploi, à l’échelle du patrimoine d’abord : le choix est fait de conserver et mutualiser les bâtiments plutôt que de les démolir et de les reconstruire. Mais aussi, lors de chantiers, les matériaux viables et en bon état sont systématiquement récupérés et stockés et un inventaire est mis en place pour enrichir de futurs chantiers. Deuxièmement, les matériaux neufs proviennent pour la plupart de sources biosourcées et géosourcées, issues de culture locales, avec un impact carbone largement inférieur aux matériaux issus de la pétrochimie. Enfin, l’équipe recourt à des procédés « low tech » et bioclimatiques, pour penser et construire les bâtiments de telle façon qu’ils soient les moins énergivores possibles, adaptés aux besoins et à faible impact environnemental. Des principes synthétisés dans une charte d’éco-gestion du patrimoine rédigée par le service diocésain en 2022. « C’est une joie de travailler dans ces conditions car nous pouvons mettre en place des projets véritablement innovants, confie Thiébaud Chollet, architecte et chargé de mission, là où, ailleurs, on est parfois contraint de plaquer des technologies ou des méthodes déconnectées de la réalité, des besoins des personnes ou des enjeux écologiques. ». Belahouel Bahria, maçon, apprécie aussi la diversité des chantiers menés par le diocèse.
Des bâtiments durables et peu énergivores
Construire des bâtiments durables représente un coût et les décisions se prennent « de la façon la plus vertueuse possible ». « Nous devons faire des arbitrages pour que l’écologie et l’économie avancent en harmonie, ce n’est peut-être pas parfait mais nous faisons du mieux possible, reconnaît Marc Serra. « Quand on fait sobre et vertueux, plutôt que rapide, à bas coût et peu durable, les bâtiments qui ont vocation à rester longtemps dans le patrimoine du diocèse en tirent un meilleur bénéfice », complète Pierre Dallaporta.
Quant au dilemme de conserver, restaurer ou se séparer d’une église ou d’un bâtiment, le service « Bâtiments et travaux » invite régulièrement les responsables des églises à se questionner sur l’inventaire des bâtiments existants pour les coordonner avec les besoins des paroisses en termes de catéchèse, de chorale, de rassemblements paroissiaux. Est-ce nécessaire d’avoir une salle paroissiale qui accueille 120 personnes dans chaque paroisse d’un diocèse aussi urbain que Marseille, où les églises maillent tous les quartiers ? Ne pourrait-on pas davantage mutualiser les salles, et donc les charges ? De quelle surface nécessite les paroisses et des mouvements en lien avec la mission de l’Église comme les scouts, les associations qui accompagnent les personnes en situation de précarité ou de handicap, etc. ?
Quand de telles dynamiques existent dans un lieu, l’objectif est de les soutenir et de fournir les bâtiments nécessaires pour les faire perdurer. Mais il faut parfois accepter de se séparer de certains bâtiments qui ne sont plus guère utilisés et dont l’entretien coûte trop cher. « Il ne s’agit pas d’une sanction, assure Marc Serra, mais d’un choix bien pesé qui constitue la dernière étape de notre réflexion ». Une autre possibilité s’ouvre aussi au diocèse, celle d’utiliser le lieu dont on n’a plus besoin, pour générer un revenu locatif qui finance d’autres projets du diocèse ou pour apporter une réponse à un besoin social identifié (voir encadré)
SL
à retrouver dans le numéro d’avril d’Eglise à Marseille
crédit photo DM
Publié le 15 mai 2025 dans A la une
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