J’ai vu l’eau vive, alléluia !
Après quarante jours de Carême, les catholiques entrent dans le temps pascal à la fête de Pâques, et ce jusqu’à la Pentecôte. Durant ces cinquante jours, le rite de l’aspersion remplace habituellement le rite pénitentiel au début de la messe. Explications par Florence Le Pors, membre du service de la Pastorale liturgique et sacramentelle du diocèse.
Dans la nuit de Pâques, nous recevons l’aspersion d’eau bénite, cette même eau qui vient de couler sur les nouveaux baptisés
et nous rappelle que le baptême nous sauve. Nous revivons ce rite tout au long du temps pascal.
Non que nous n’ayons plus besoin de nous reconnaître pécheurs, mais, en ce temps pascal, la liturgie met davantage l’accent sur le salut acquis par la mort et la résurrection de Jésus, et dont la joie irradie tout ce temps liturgique.
En Carême, nous avons chanté : « Rends-nous la joie de ton salut » ; maintenant que cette joie nous est rendue, nous la manifestons tout au long du temps pascal, notamment en vivant l’aspersion (qui reste possible tout au long de l’année).
À ce rite, nous sommes introduits par le prêtre : « Frères et soeurs bien-aimés, supplions humblement Dieu, notre Seigneur, de bénir cette eau qu’il a créée ; nous allons en être aspergés en souvenir de notre baptême ; que Dieu lui-même nous renouvelle afin que nous demeurions fidèles à l’Esprit que nous avons reçu » (Missel romain).
Suit la prière de bénédiction qui rappelle la création de l’eau, devenue « instrument de [la] miséricorde » du Seigneur, de l’Exode au baptême de Jésus au Jourdain. Elle exprime également la finalité de ce rite : « Que cette eau, maintenant, nous rappelle notre baptême et nous fasse participer à la joie de nos frères et sœurs, les baptisés de Pâques » (Missel romain).
Et c’est bien à la joie de Pâques que nous appelle l’Alléluia qui ponctue le chant. D’où l’importance de veiller à le chanter avec éclat, soutenus par le jeu de l’orgue et des autres instruments.
Le texte du chant qui accompagne généralement ce rite reprend une des antiennes proposées par le Missel, inspirée du livre d’Ezéchiel au chapitre 47 : « J’ai vu l’eau qui jaillissait du Temple depuis le côté droit, alléluia ; tous ceux qu’elle touchait furent sauvés, et ils disaient : alléluia, alléluia ! » (Missel romain).
La référence au côté ouvert du Christ est plus explicite dans la version souvent chantée : « J’ai vu l’eau vive jaillissant du coeur du Christ, alléluia ! Tous ceux que lave cette eau seront sauvés et chanteront : alléluia ! » (AELF – CFC).
C’est pourtant bien la même image : ce temple d’où coule l’eau vive, c’est le corps du Seigneur dont le côté droit transpercé laissa couler le sang et l’eau (Jn 19, 34).
Les chrétiens ont très tôt reconnu dans cette eau jaillie du cœur de Jésus, l’eau du baptême qui sauve et purifie. En recevant cette aspersion, nous traçons sur notre corps le signe de la Croix, dont nous avons été marqués au jour de notre baptême, nous rappelant que nous sommes désormais configurés au Christ.
La joie partagée des baptisés de Pâques et des baptisés de plus longue date, la joie de l’Église, peut alors se déployer pleinement dans le chant du Gloire à Dieu.
Publié le 02 avril 2024 dans A la une
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