Le 2 novembre : prier au cimetière
Les prêtres reçoivent bien souvent des intentions de prière pour les défunts à la messe de la Toussaint. Cela n’a rien de mauvais. Mais peu à peu, dans l’esprit des chrétiens, on oublie que la fête de la Toussaint n’est pas celle des morts : c’est celle des vivants. C’est le lendemain qu’il convient de prier pour nos défunts. Explications avec le frère Antoine Odendall, dominicain, responsable du Service diocésain de la liturgie.
Pour que la Toussaint, instituée en France en 835, garde son caractère propre et ne devienne pas une journée des morts, Odilon, abbé de Cluny, impose vers l’an mille à tous ses monastères la commémoration des défunts par une messe solennelle le 2 novembre. On ne parle pas de « journée de prière » pour les défunts, mais de « commémoraison » : il s’agit d’abord de faire mémoire d’eux.
Le 2 novembre est le jour privilégié pour se rendre au cimetière. Hélas, cette pratique diminue — sans doute par une pudeur croissante face à la mort. Il est de plus en plus rare que l’on fasse une veillée funèbre en présence du corps, rare que l’on regarde le cercueil ouvert pour faire un dernier adieu au visage de celui que nous avons aimé. C’est peut-être cette même pudeur qui explique que l’on va de moins en moins au cimetière pour fleurir les tombes ou faire une liturgie auprès de nos défunts.
C’est dans les monastères que cette liturgie du cimetière est la plus impressionnante. Chez les cisterciens, la coutume ancienne était d’amener le frère mourant dans l’église et de le coucher sur un lit de cendres au sol pour ses derniers moments. À sa mort, il était lavé et laissé en chapelle ardente durant vingt-quatre heures, tandis que les frères assuraient une présence perpétuelle en récitant le psautier — ce livre des psaumes qu’ils ont chanté ensemble toute leur vie. Le corps était enterré directement dans la terre, sans cercueil…. Aujourd’hui, dans mon couvent dominicain, on laissera les pompes funèbres opérer les soins du corps, puis un frère habille le défunt de son habit religieux, le chapelet dans les mains. Il est descendu à la salle du chapitre, le psautier est ouvert devant lui, et les frères qui passent récitent les psaumes jusqu’à ce que tout le psautier ait été prié. Au cimetière, nous revenons chaque année faire mémoire du frère en citant son nom, et ce à perpétuité. À chaque nom, les frères répondent : Donne-lui, Seigneur, le repos éternel, et fais briller sur lui la lumière sans fin.
Nous ne sommes pas tous dans un monastère, nous pouvons adopter une prière plus simple. Le psaume 129 (De profundis) est traditionnellement récité au cimetière ; il peut nourrir notre méditation. Voici un canevas de prière possible :
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen ! Nous sommes venus aujourd’hui pour rendre hommage à ceux qui nous ont quittés, et nous voulons les confier, encore une fois, à la tendresse de Dieu. Ici reposent : (citer les prénoms des défunts).
Ensemble, prions : Seigneur Jésus-Christ, avant de ressusciter, Tu as reposé trois jours en terre, et depuis ce jour-là, la tombe des hommes est devenue, pour les croyants, signe d’espérance en la Résurrection. Nous Te prions, Toi qui es la Résurrection et la Vie : donne aux morts de reposer en paix dans ce tombeau jusqu’au jour où Tu les réveilleras, pour qu’ils voient, de leurs yeux, dans la clarté de Ta face, la lumière sans déclin. Toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen. Notre Père… Je vous salue …
Fr. Antoine Odendall, o.p.
crédit photo Geneviève Baudoin
A retrouver dans le numéro de novembre de la revue Eglise à Marseille
Publié le 02 novembre 2026 dans A la une
Ces articles peuvent vous intéresser
Les horaires des messes de Toussaint 2026
Retrouvez toutes les messes de Toussaint dans le diocèse de Marseille en…
D’où vient la fête de la Toussaint ?
La fête de la Toussaint est l’un des grands moments de l’année…
Catéchèse spécialisée : petites pépites de la foi
La catéchèse spécialisée vise à accompagner la vie de foi des enfants…
en ce moment
à Marseille


