Qu’est-ce qu’une messe stationnale ?
Du 25 au 28 septembre prochain, le pape Léon XIV se rendra à Paris, Lourdes et Metz, l’occasion pour le Saint Père de célébrer une messe dite « stationnale ». Explications avec le frère Antoine Odendall, dominicain, responsable du Service diocésain de la liturgie.
Si vous feuilletez le missel de votre grand-mère, vous trouverez, à côté de bien des dates liturgiques — particulièrement pendant l’Avent et le Carême — une expression curieuse : « station à Sainte-Sabine », « station à Sainte-Marie-Majeure »… On se demande bien ce que cela veut dire. Il n’y avait pourtant pas le métro à l’époque de ces vieux missels !
C’est que l’expression rappelle une époque bien plus ancienne encore que ces livres. Une époque où ce n’est pas le métro qui s’arrête aux différentes stations : c’est le pape. Les stations dont parle le missel, ce sont les haltes que l’évêque de Rome faisait à travers toute la ville pour y célébrer la messe. Le jour où la cité est devenue trop grande pour qu’une seule église rassemble tous les chrétiens, le pape s’est mis à se promener d’église en église. À chaque halte, il célébrait. Et par cette célébration du mystère de l’eucharistie, il manifestait l’unité de son peuple avec son évêque.
Les messes stationnales ont peu à peu disparu. Mais les missels ont continué à les mentionner jusqu’à une époque très récente, pour nous faire souvenir de cette unité de toute l’Église locale avec la personne du Saint-Père. Il ne reste aujourd’hui qu’une seule station papale : le mercredi des Cendres, chaque année, à la basilique Sainte-Sabine de Rome.
Or voilà ce que va faire le Saint-Père du 25 au 28 septembre prochain. Il serait bien plus simple de faire venir les catholiques de France place Saint-Pierre, comme pour les JMJ ou pour le Jubilé. Mais il est autrement plus signifiant que le pape fasse lui-même l’effort de venir « stationner » chez nous. Il rattache toutes les personnes qu’il visite à Rome et par là même à tous les autres lieux visités par les pontifes. Voilà pourquoi Jean-Paul II a effectué 104 voyages hors d’Italie, Benoît XVI 24, et François 47. Aucun de ces papes ne s’est contenté d’attendre le monde à Rome. Chacun est allé, halte après halte, rejoindre les Églises locales sur leur propre sol.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit. En venant stationner en France, le pape rappelle à notre Église locale qu’elle n’est pas un tout qui se suffit à lui-même. Elle est la partie d’un ensemble qui la dépasse : l’Église universelle. La fille aînée, oui — mais fille, et sœur, au milieu de bien d’autres. L’Espagne vient de lui préparer une station de choix. Espérons que la « station française » soit tout aussi réussie.
Frère Antoine Odendall
crédit photo Robert Poulain « le pape Léon XIV lors de sa visite à Monaco le 28 mars 2026 »
Article à retrouver dans la revue Eglise à Marseille de septembre 2026
Publié le 21 septembre 2026 dans A la une
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