Chantier diocésain : inauguration de logements à l’Immaculée Conception
Il y a quelques semaines a eu lieu l’inauguration de la bastide et des bâtiments paroissiaux de l’Immaculée Conception, situé rue de la boucle dans le douzième arrondissement. Ce projet qui s’inscrit dans un processus de redressement financier général, ainsi que dans la dynamique Laudato Si. Dans ce cadre des logements sont proposés à la location (T1, T2, T3, T4 et T6, renseignements « SaintJoseph Immobilier 0615526021). Rencontre avec Pierre Dallaporta, responsable du service « bâtiment et travaux du diocèse » qui a piloté cette opération.
Quelles étaient les motivations à la réalisation de ce chantier ?
Le terrain et les bâtiments appartiennent à la paroisse depuis les années 1950, après avoir été légués par une famille d’industriels. Pendant plusieurs décennies, ils ont accueilli les activités paroissiales. Mais ces dernières années, la fréquentation a fortement diminué. Il y a environ trois ans, les paroissiens ont aussi pris conscience de l’état préoccupant de l’église, avec des travaux urgents à prévoir, notamment sur la toiture, l’électricité et le plancher. Face à ces coûts importants, il est devenu évident que la paroisse ne pourrait pas assumer seule les dépenses. Au même moment, le diocèse cherchait des solutions pour combler un déficit structurel et s’interrogeait sur l’avenir de nombreux bâtiments vacants. Les besoins de la paroisse et ceux du diocèse dans son ensemble se sont alors rejoints. L’ancien économe diocésain, François Leroy, a proposé un plan de redressement, lancé en 2022, basé sur un principe simple : rénover les biens inutilisés pour générer des revenus locatifs durables. L’objectif était de financer, sur le long terme, les activités de l’Église. Par exemple, pour l’Immaculée Conception, la grande bastide n’était exploitée qu’en partie, et sans entretien suffisant. Nous avons pu projeter une rénovation au-delà des premiers besoins de la paroisse et l’intégrer au plan de redressement. Concrètement, le site accueille désormais treize logements, dix issus du patrimoine existant et trois nouvelles villas mitoyennes. Il y a aussi une dimension urbaine et sociétale. Ces projets participent à la création de logements dans des zones déjà urbanisées, ce qui répond à un besoin croissant dans une ville en pleine crise du logement, tout en limitant l’étalement urbain. C’est un enjeu important pour les collectivités, notamment dans les grandes métropoles françaises.
Combien de temps a duré ce chantier ?
Le chantier a démarré en octobre 2024. Ces dernières années, d’autres opérations importantes ont été lancées en parallèle, notamment à Sainte-Marthe, Saint-Jérôme ou encore Roquefort-la-Bédoule, avec des programmes mêlant logements, équipements paroissiaux et services (centre médical en l’occurrence). La réception des travaux a eu lieu en mars 2026, suivie de l’inauguration. La gestion locative a ensuite été confiée à une agence immobilière, chargée de louer les logements et d’assurer l’entretien des bâtiments dans les années à venir.
En tant que responsable du service bâtiments et travaux du Diocèse, que représente ce chantier pour vous ?
Ce projet marque un véritable changement de cap. Pendant longtemps, la gestion du patrimoine consistait surtout à entretenir et rénover au coup par coup, sans vision globale. La seule solution pour financer les travaux était souvent de vendre des biens, ce qui appauvrissait progressivement le patrimoine. Aujourd’hui, la stratégie est différente : il s’agit de conserver les biens, de les valoriser et de générer des revenus durables. C’est une approche beaucoup plus structurante, et plus acceptable par les paroissiens et les riverains qui se sont attachés à un patrimoine qu’ils connaissent depuis plusieurs décennies voire générations.
Ce changement a-t-il transformé votre manière de travailler ?
Complètement. Les projets sont désormais beaucoup plus ambitieux. Le programme annuel des chantiers, qui avoisinait un ou deux millions d’euros auparavant, a été multiplié par 5 pour les 5 prochaines années. Cela a aussi entraîné une évolution de l’organisation interne, avec le renforcement des équipes et une montée en compétences. Nous occupons également une place plus importante comme acteur de la construction / rénovation, et cela se traduit par un rayonnement plus important dans nos relations avec la ville, les architectes, les entreprises, et d’autres acteurs locaux.
Vous avez également fait des choix techniques et environnementaux forts. Expliquez-nous ?
C’est un engagement assumé. Nous cherchons à agir en cohérence avec le message porté par l’Eglise, qui vise à agir pour le bien commun, d’aujourd’hui et de demain. Nous visons ainsi la qualité urbaine et bâtimentaire, la qualité de vie des futurs usagers, et nous nous inscrivons dans une démarche d’adaptation au réchauffement climatique. C’est notre pierre à un édifice qui concerne nécessairement l’ensemble de la famille humaine. Cette démarche s’inscrit dans une orientation globale d’éco gestion du patrimoine immobilier, profondément inspirée par l’encyclique Laudato Si’ du Pape François, qui encourage à prendre soin de notre maison commune. En matière de construction durable, nous répondons aux exigences actuelles pour limiter nos bilans carbones, en recourant notamment à la conception bioclimatique, aux matériaux de réemploi, aux matériaux biosourcés et géosourcés. Cet engagement nécessite rigueur et détermination, mais il apporte une satisfaction sans pareil aux équipes et à nos partenaires qui se montrent particulièrement motivés par ces projets. Dans la palette des maîtres d’ouvrages et des propriétaires fonciers bâtisseurs, nous avons la chance de disposer de conditions favorables : une vision à long terme, une certaine agilité en tant que maître d’ouvrage privé, des bâtiments désuets disponibles pour pratiquer le réemploi et stocker des matériaux, et une maîtrise des projets de A à Z sans fragmentation, comme on peut le voir dans certaines maîtrises d’ouvrage.
Crédit photo DM
Article à retrouver dans le numéro de juin 2026 de la revue Eglise à Marseille
Publié le 20 mai 2026 dans A la une
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