De la petite voix à l’offrande soi
Emmanuel Guerrier de Dumast est séminariste pour le diocèse de Marseille. Le dimanche 5 juillet il sera ordonné diacre en vue du sacerdoce à l’église sainte Marguerite. Il témoigne de la naissance de sa vocation et de sa façon d’envisager le sacerdoce.
Je suis actuellement en étude au séminaire de Rome et en mission dans la paroisse sainte Marguerite à Marseille depuis trois ans. J’ai donc la joie d’y retourner lors des périodes de vacances à Noël, Pâques et en été. Je serai ordonné diacre en vue du sacerdoce le 5 juillet prochain dans cette même paroisse où j’ai été si bien accueilli que ce soit par l’équipe des prêtres ou par les paroissiens. Et c’est une grande joie pour moi de vivre mon ordination diaconale au milieu d’eux ! Le désir de cheminer vers le sacerdoce est né dans mon enfance. J’ai grandi dans une famille catholique et enfant je m’imaginais devenir prêtre, là ou d’autres se rêvent en pompier ou footballeur. A l’adolescence et jeune adulte, ce désir s’est un peu étiolé même si la conviction de devenir prêtre un jour ne m’a jamais quitté. A la fin de mes études, la question était toujours présente au fond de moi, comme une « petite voix» dont je n’arrivais pas à me débarrasser. Je devais y apporter une réponse pour avancer. Je suis parti comme volontaire en Éthiopie pour me rendre utile, y réfléchir et voyager. Cette expérience m’a permis de prendre du recul.
A mon retour en France, en 2019, j’ai intégré l’année de propédeutique du séminaire à Aix-en-Provence, puis y ai poursuivi les deux années suivantes de philosophie. Puis, je suis ensuite parti pendant un an en stage en Algérie, à Skikda, dans le diocèse d’Annaba-Constantine. Cette expérience m’a beaucoup marqué ! Au contact de cette petite Église, qui numériquement ne pèse rien, j’ai choisi de faire confiance à Dieu et d’essayer de donner pleinement ma vie.
Depuis trois ans, je poursuis mes études de théologie au séminaire français de Rome. Rome est une ville merveilleuse, j’ai énormément de chance d’y vivre. Au séminaire, je suis avec des séminaristes de toute la France, mais à l’université où nous allons étudier, nous sommes avec des séminaristes et des religieux du monde entier. On y retrouve tous les continents, des cultures très diverses, des membres des Églises orientales… Rien ne nous unit, si ce n’est notre foi commune dans le Christ. J’ai eu la chance d’être présent place Saint-Pierre pour la fumée blanche et de voir le tout nouveau pape Léon XIV sortir de la loggia. Tout cela me décentre complètement de nos problèmes franco-français et me fait réellement sentir catholique.
Ne pouvant pas rentrer à Sainte-Marguerite tous les week-ends : je vais le dimanche dans une paroisse italienne. Je n’ai jamais aimé les bancs de l’école, mais je sais qu’il est important d’étudier pour que demain je puisse transmettre le message du Christ et de l’Église au monde.
Dans mon parcours et mon discernement vers la vocation, la figure de Mère Teresa m’a guidé. Un jour, dans un coin perdu des montagnes éthiopiennes, j’ai été témoin du travail réalisé par les sœurs de Mère Teresa auprès de personnes handicapées abandonnées par leur famille. Leur engagement humble et discret m’a rejoint et m’a aidé à faire le pas de rentrer en propédeutique de retour en France. Plus tard, j’ai lu avec intérêt les écrits spirituels de Mère Teresa.
Pourquoi le choix du diocèse de Marseille ? Ma famille est originaire de Grenoble, mais nous avons beaucoup déménagé étant enfant. Je suis venu à Marseille pour travailler, dans le cadre d’une formation en alternance. C’était il y a 10 ans, et depuis, je n’en suis plus reparti ! Cette ville, par son ouverture et son caractère atypique, m’a conquis, et je me sens chez moi ici.
Crédit Photo DM
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Publié le 30 juin 2026 dans A la une
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