Angelo : l’IA de caté pour passer du virtuel au réel
Il y a moins d’un an, Lucas, jeune marseillais, a imaginé et développé Angelo, une IA conçue pour accompagner tous ceux qui se posent des questions sur le catéchisme. Un outil de transmission et d’accompagnement basée sur le catéchisme de l’Eglise catholique.
Nous rencontrons Lucas quelques jours après son mariage. Il a pris quelques minutes sur sa pause déjeuner pour venir nous parler d’Angelo, son « bébé », à qui il consacre une partie de son temps libre pour l’aider à grandir et se développer. Mais ne vous y trompez pas, Angelo n’est pas un enfant mais « un assistant IA » dédié au catéchisme. Dans la vie, Lucas travaille dans l’informatique alors les « bot » et le « codage » il connaît. Confirmé il y a trois ans, ce jeune néophyte a décidé de mettre en commun ses compétences techniques et sa soif de mieux connaître la foi. Angelo naît donc d’un déclic et d’une rencontre. « Le déclic c’est celui d’un bug de mon quotidien, précise Lucas, car avant toutes mes questions étaient en attente d’une connexion humaine avec un prêtre, puis je me suis procuré le Catéchisme de l’Église Catholique, un livre de 600 pages, épais comme une brique, autant dire qu’il n’était pas très mobile et Angelo est né aussi de cette rencontre entre l’éternité de ce texte et l’instantanéité de mes questions ». Angelo existe depuis près d’un an et s’est enrichi au fil des mois des conversations qu’il a eus avec sa femme et son entourage. Cet IA s’adresse à trois types de personnes : les catholiques qui se posent des questions sur le catéchisme, les prêtres, religieux et religieuses qui ont besoin d’un topo sur un sujet et recherchent pour cela des passages du catéchismes idoines et enfin pour tous les curieux proches ou éloignés de la foi.
Lucas précise qu’Angelo n’interprète par le catéchisme mais ne fait que restituer les textes de l’Eglise sans aucun changement. « En créant Angelo, je ne voulais absolument pas qu’il y ait une possible interprétation de l’intelligence artificielle sur les textes de l’Eglise, c’était une priorité pour moi ». Mais comment garantir que les réponses restent bien fidèles au catéchisme de l’Eglise catholique ? Lucas indique qu’il a recours à une technologie qui permet de réduire de qu’on appelle les « hallucinations », autrement dit les erreurs de l’IA. Concrètement, les éléments du catéchisme se trouvent dans une base de données et Angelo a pour mission de retrouver le numéro de paragraphe correspondant à la demande. Par ailleurs, Angelo ne recueille aucune donnée personnelle. Parmi les questions le plus souvent posées, il y a toutes celles en lien avec l’intimité de la foi ou encore celles qui touchent les « interdits ». Par exemple, « peut-on manger de la viande le dimanche ? », « comment se confesser ? » … Angelo répond aux questions et produit un panneau latéral sur lequel est indiqué le texte sur lequel il s’est appuyé pour répondre. Comme les réponses sont précisément sourcées, il y a très peu d’erreurs.
Si Angelo répond aux questions que l’on se pose sur le catéchisme, il n’est pas toujours simple de comprendre comment une IA peut accompagner une démarche aussi personnelle et intime que la foi, Lucas répond sans détour que son assistant IA est comme un bibliothécaire, il va chercher les réponses dans le catéchisme, il est un simple outil de transmission. Si Angelo comprend le contexte dans lequel on lui pose des questions, et répond à la façon d’un humain, « il ne fait que faciliter l’accès à une connaissance et le but ultime de cette IA est de passer du virtuel au réel, puisqu’il invite à approfondir sa réponse auprès d’un prêtre ». Lucas nourrit cette conviction profonde que « la foi dans son coin, enfermée, virtualisé » est impossible et ne conduit qu’à des désillusions. C’est pour cela qu’Angelo a été conçu, comme une passerelle vers un prêtre, un religieux ou un catéchiste.
En lien avec la récente publication de Magnifica Humanitas du pape Léon XIV, Lucas admet que « ces technologies entraînent une véritable révolution dans nos vies et qu’il faut que les chrétiens s’emparent de ces sujets-là pour que, nourris à la lumière de l’Evangile, nous gardions toujours à l’esprit le respect de la dignité humaine et que nous soyons vigilants à toute forme de manipulation ». Avec Angelo, Lucas concède que « l’innovation la plus audacieuse n’est pas forcément de créer du nouveau mais de préserver l’ancien en le rendant universellement accessible ».
SL
crédit photo DM
Cet article est à retrouver dans le dossier « intelligence artificielle, preserver notre magnifique humanité du numéro de septembre 2026 de la revue Eglise à Marseille
Publié le 25 août 2026 dans A la une
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