L’Esprit Saint est le don suprême de Dieu.

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En la vigile de Pentecôte, ce samedi 23 mai 2026, quelque 300 catéchumènes ont reçu le sacrement de confirmation dans une cathédrale de la Major bondée. Retrouvez ici l’homélie du cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille.

 

« Le dernier jour de la fête, qui est aussi le plus solennel, Jésus se tint dans le Temple et il se mit à proclamer d’une voix forte :Si quelqu’un a soif, dit le Seigneur, qu’il vienne à moi et que boive celui qui croit en moi !” Comme dit l’Écriture : “De son cœur couleront des fleuves d’eau vive” »

La scène se passe à Jérusalem, dans le lieu le plus sacré de la religion juive, le Temple, et au jour le plus solennel de l’une des grandes fêtes du judaïsme, Chavouot, qu’on appelle aussi « fête des Tentes », au cours de laquelle, sept semaines après la Pâque, on célèbre le début de la saison de la moisson du blé et aussi, dans la tradition rabbinique, le don de la Torah sur le mont Sinaï. Dans la célébration de cette fête, le peuple demande à Dieu d’assurer la subsistance de la communauté, une subsistance non seulement physique, par la moisson du blé, mais aussi et surtout spirituelle, par le don de la Parole de Dieu. Le message solennel de Jésus ce jour-là, c’est que désormais, quiconque voudra bien croire en Lui, trouvera en Lui, le Christ, le Verbe fait chair, les fleuves d’eau vive dont il a besoin pour sa subsistance. Et saint Jean ajoute : « En disant cela, il parlait de l’Esprit Saint qu’allaient recevoir ceux qui croiraient en lui ».

L’Esprit Saint est le don suprême de Dieu. Mais l’Esprit que Jésus donne aux siens n’est pas une richesse dont il disposerait, et qui s’ajouterait à ce qu’il est. C’est son propre Esprit, c’est l’Esprit de Dieu. Vous vous souvenez du récit de la Passion que nous avons médité au soir du Vendredi Saint. La dernière demande de Jésus sur la croix fut : « J’ai soif » ! Et quand on eut porté à ses lèvres une éponge imbibée de vinaigre, « inclinant la tête, il remit l’esprit ». Ainsi, c’est par sa mort, une mort par amour, que Jésus a transmis au monde son esprit, cet Esprit d’amour qui n’en finit pas d’attirer vers le Père tous ceux qui, dans les déserts de leurs existences, éprouvent la soif et cherchent le salut. Et vous en êtes ce soir, chers amis, les témoins heureux et bouleversés. « Les années qui ont précédé ma conversion ont été parmi les plus sombres – m’écrit l’un d’entre vous. Je me percevais comme un être qui n’aurait jamais dû voir le jour. J’ai traversé des moments d’une détresse si profonde que j’ai tenté à plusieurs reprises de mettre fin à mes jours. Je ne cherchais plus rien et je n’attendais plus rien. C’est alors que Dieu est venu à moi. Ce n’est pas moi qui l’ai trouvé, c’est lui qui m’a rejoint dans ma détresse. Il m’a enveloppé de sa lumière. Je lui ai tout abandonné : ma colère, ma détresse, mes cris intérieurs. Et le calme s’est installé en moi. J’ai ressenti une liberté nouvelle, un apaisement profond que je n’avais jamais connu. »

Saint Paul avait donc bien raison quand il écrivait aux chrétiens de Rome ces mots que nous avons entendus tout à l’heure : « L’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse […]. Lui-même intercède pour nous. »  Nous l’avons tous appris d’expérience : Dieu ne regarde pas l’apparence, mais l’intérieur, pas le personnage qu’on se donne, ni l’étiquette que d’autres nous collent, mais la personne qu’on est vraiment, même s’il nous faut du temps, à nous aussi, pour découvrir qui l’on est en vérité. « J’ai 29 ans et je vis au Centre Saint-Raphaël depuis neuf ans – m’explique l’un d’entre vous. Je suis en situation de handicap mental, mais cela ne m’empêche pas d’aimer Jésus, la Vierge Marie, et de faire le bien à tous. Depuis que je suis au Centre, j’ai découvert Jésus comme un ami qui m’aime comme je suis. »

Vous comprenez pourquoi, afin que vous puissiez devenir de bons témoins de l’Évangile, je vous recommande avant tout de prendre soin de votre lien personnel avec le Seigneur Jésus-Christ. Ne lâchez pas la main qu’il vous a tendue ! C’est souvent dans les épreuves de la vie que l’on découvre combien le Seigneur, même si on ne le perçoit pas toujours sur le moment, se tient à nos côtés et combien, lui, il tient à nous. « Au cœur de ces tempêtes, j’ai toujours senti en moi une lumière, une présence discrète mais réelle, comme une force qui me soutenait et me relevait – m’écrit l’une d’entre vous. Avec le temps, j’ai compris que cette présence était Dieu, déjà là dans ma vie, même lorsque je ne savais pas encore le reconnaître. »

Accrochez-vous donc au Christ ! Venez boire son eau vive ! Revenez souvent vous asseoir près de la source ! Recevez régulièrement le sacrement de l’eucharistie et le sacrement du pardon. Persévérez dans la prière ! « Sans la prière, toutes les vertus sont comme des arbres sans terre. », écrivait jadis saint Macaire. Accueillez le Christ dans le sacrement du frère, au rendez-vous de toutes les rencontres de vos vies. Accueillez-le dans la foi de vos enfants. L’une d’entre vous m’écrit : « Une phrase de mon fils m’a profondément marquée : “Maman, un jour, la lumière se rallumera en toi”. Aujourd’hui, je peux dire que cette lumière s’est réellement rallumée. » Ne perdez pas une occasion de témoigner du Seigneur Jésus. N’oubliez jamais tout ce qu’Il a fait pour vous ! En relisant les années qui avaient précédé sa conversion, saint Charles de Foucauld écrivait ces quelques phrases, qui résument beaucoup de celles que j’ai lues dans vos lettres : « Je m’éloignais, je m’éloignais de plus en plus de vous, mon Seigneur et ma vie… et aussi ma vie commençait à être une mort à vos yeux. Vous me faisiez sentir un vide douloureux, une tristesse que je n’ai jamais éprouvée qu’alors ; elle me revenait chaque soir, lorsque je me retrouvais seul dans mon appartement, elle me tenait muet et accablé pendant ce qu’on appelle les fêtes : je les organisais, mais le moment venu, je les passais dans un mutisme, un dégoût, un ennui, infinis. Vous me donniez cette inquiétude vague d’une conscience mauvaise qui, tout endormie qu’elle est, n’est pas tout à fait morte. Je n’ai jamais senti cette tristesse, ce malaise, cette inquiétude qu’alors. Mon Dieu, c’était donc un don de vous ! Comme j’étais loin de m’en douter ! Vous aviez la main sur moi, et je la sentais si peu ! Que vous êtes bon, ô mon Dieu ! »

Attachez-vous donc au Christ et prenez toute votre place dans l’Église, qui est son Corps, l’assemblée de ses témoins, son épouse bien-aimée, le Temple de son Esprit Saint. Dans cette Église de Marseille qui devient la vôtre aujourd’hui, je sais que vous brûlez d’envie de mettre les dons que vous avez reçus au service de la communauté tout entière. Je vous y encourage fortement. Bien sûr, ce n’est pas toujours facile, parce que l’Église est composée d’hommes et de femmes comme les autres, avec leurs grâces et leurs pesanteurs ! Mais c’est en elle que le Christ a voulu aimer le monde et donner à chacun, par les sacrements, l’eau vive de sa paix. « À la suite de nombreux événements, heureux comme difficiles – m’écrit l’un d’entre vous – j’ai continué à ressentir ce besoin de pousser, après tant d’années, la porte d’une église. Je me souviens m’être dit : “Au pire, je m’ennuierai et je n’y remettrai plus jamais les pieds”. Mais lors de ma première messe, j’ai été frappé par un immense amour, une sensation de réconfort et de paix, une vraie paix. »

Permettez-moi un dernier conseil : attachez-vous au Christ, prenez votre place dans l’Église, et mettez-vous au service des pauvres. Les pauvretés peuvent être très diverses dans le monde d’aujourd’hui, et bon nombre d’entre vous en ont fait, parfois pendant longtemps, l’amère l’expérience. N’oubliez pas que l’attention aux plus pauvres est le chemin que le Seigneur nous a indiqué pour le suivre : « Tout ce que vous avez fait au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Ce soir, dans le silence de nos cœurs, malgré tous les méandres de nos vies, malgré nos égarements et tous nos reniements, rendons grâce à Dieu notre Père pour tous ses bienfaits et demandons-Lui le courage de témoigner de l’Évangile de son Fils, par la puissance et la douceur de son Esprit Saint.

Amen !

Jean-Marc Aveline

 

Confirmation des adultes

La Major, samedi 23 mai 2026

Publié le 25 mai 2026 dans ,

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